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                               La chronique pédagogique de mai 2004            Page suivante
Si je veux réussir une compréhension de texte, ...                 Page 1/2

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par Lévis Bouchard, auteur de la série SCRIPTO
SI JE VEUX RÉUSSIR
UNE COMPRÉHENSION DE TEXTE, …


Ø je m'oblige d'abord à lire et relire, s'il y a lieu  le questionnaire. Je passe en revue chacune des questions afin d'en mémoriser quelques-unes ;

Ø je m'impose cette contrainte parce qu'il faut connaître les parties avant le tout. Les questions sont des points de repère pour une lecture  pluridimensionnelle et unidirectionnelle du texte. La première vise les mots et les phrases ; la deuxième, les paragraphes, les parties et l'ensemble du texte ;

Ø je m'astreins à ce premier exercice parce que je ne peux pas répondre à un questionnaire sans le connaître. Je peux lire un texte trois ou quatre fois mais, si je n'ai pas pris connaissance de chaque interrogation du questionnaire, je risque fort de tourner en rond ;

Ø je m'efforce de lire le questionnaire au moins deux fois très attentivement parce que répondre à un questionnement ressemble en tout point à la préparation d'un athlète de pointe ; ce dernier ne complètera pas un marathon s'il ne s'est pas entraîné à courir des petites et grandes distances avant la compétition ultime. Répondre à un questionnaire, c'est comme escalader l'Everest : on commence par établir un camp de base en lisant d'abord le questionnaire ; ensuite, on escalade étape par étape en répondant aux questions dont une première lecture du texte nous a permis de découvrir la réponse. Puis, on monte jusqu'au sommet, étape par étape ;

Ø je procède ainsi parce qu'il n'y a pas de secret ; la réussite, dans toute épreuve qu'elle soit sportive ou intellectuelle, est assurée par une préparation adéquate et planification serrée ;

· ensuite, je me concentre sur une lecture visuelle et intellectuelle du texte ;

· surtout, je ne triche pas : il n'est pas question d'aller voir à la fin du texte pour connaître le nombre de pages à lire. Se livrer à ce honteux manège équivaut à se mentir, à ne pas faire confiance à sa capacité de concentration et d'assimilation, à refuser sa mission de lecteur et à manquer à son obligation de réussite ;

· je n'oublie pas de placer mon dictionnaire tout près, au cas où des mots me feraient des misères ; je ne me laisse jamais dépasser par les mots ; si je le fais, je passe une étape très importante dans mon ascension de l'Everest. En effet, comment pourrai-je comprendre les phrases, les paragraphes, les parties, voire le texte entier, si je néglige de devenir un bon coureur de demi-fond avant d'aspirer à être un marathonien de fort calibre ;

· j'ai entre mes doigts un marqueur afin de surligner les mots clés ou certains champs lexicaux des grands thèmes exploités dans le texte ; j'en fais autant pour les phrases qui résument un paragraphe ou qui peignent l'idée directrice de ce dernier ;

· je dois en outre tenir compte du type de texte que j'ai à lire. Si c'est un texte de type explicatif, je dois considérer l'apport des sous-titres, souligner les organisateurs textuels, tels les adverbes, les groupes prépositionnels, les groupes nominaux et les phrases subordonnées. Si c'est un texte de type narratif, il me faut apporter une attention particulière aux organisateurs textuels, surtout les compléments de phrase qui introduisent l'événement déclencheur, les péripéties, la situation finale. Chaque texte a ses particularités ; il sera donc fort important de souligner tous les éléments visibles qui faciliteront ma lecture globale dudit texte ;

· voilà pour la première lecture du texte, la visuelle, celle qui nous permet d'identifier les marques visuelles du texte. Alors, je suis devenu un marathonien en puissance ou un alpiniste fin prêt pour l'ascension de l'Everest : la compréhension du texte ;

· enfin, j'entreprends la deuxième lecture du texte, l'intellectuelle.  Là, je pars à la quête du sens du texte. Comme mes repères visuels sont palpables, il m'est d'autant plus facile d'en soutirer la "substantifique moelle". Il faudra lire le texte au moins deux autres fois pour saisir le message de l'ensemble. Pour ce faire, j'ai besoin de capter l'idée directrice des péripéties, de démêler les intrigues, de connaître la psychologie du ou des personnage(s), s'il s'agit d'un récit d'aventures, d'un extrait de roman, d'une nouvelle, d'un conte. Si c'est un texte de type explicatif ou un reportage, je pars à la recherche du sens global en me fiant aux sous-titres, lesquels annoncent chaque portion du texte. Si c'est un essai ou un texte d'opinion, ce sont les organisateurs textuels qui  guident ma lecture ; ces derniers me permettent toujours de cerner l'opinion de l'émetteur, son point de vue, ses thèses, son argumentaire ;

· en procédant ainsi, je mets toutes les chances de mon bord. Je peux alors entreprendre l'aventure du questionnaire. Tel un marathonien ou un alpiniste, je dois respecter toutes les étapes ;

· je suis prêt : je peux répondre au questionnement. Attention ! il faut absolument que j'évite de perdre du temps à essayer de répondre à une question à laquelle je ne trouve pas de réponse. Je passe à la suivante. Quand j'aurai fait le tour du questionnaire, il sera toujours temps de revenir sur les obstacles non vaincus. Il faut que je sois discipliné aussi : si la question demande un mot comme réponse, j'écris un mot, pas deux ou trois ou quatre. Si je dois écrire une phrase, je ne fournis pas la moitié du paragraphe dans lequel se retrouve la phrase demandée. De la discipline, de la discipline !

· voilà que mon devoir est fait. J'aurai peiné pendant au moins trois heures à faire une lecture visuelle et intellectuelle du texte, à répondre scrupuleusement au questionnement. J'en aurai acquis une vision pluridimensionnelle et unidirectionnelle. Bref, j'aurai respecté ma préparation, ma mise en forme. Le marathon est terminé ; l'ascension de l'Everest aussi. Je suis certain de réussir ;

· ah oui ! je n'oublie pas de soigner mon écriture afin de ne pas indisposer le correcteur. Je m'applique aussi à ne pas faire de fautes d'orthographe si je veux que le correcteur soit parfois indulgent.